Cigarette électronique: un panorama mondial contrasté
Un succès indéniable en Europe et aux Etats-Unis mais un usage marginal ailleurs avec des législations très différentes d'un pays à l'autre: la cigarette électronique offre un panorama mondial très contrasté.
Europe
Selon une enquête européenne Eurobaromètre (26.751 personnes sondées dans les 27 pays de l'UE en février/mars 2012), 5% des Européens ont déjà testé une ou deux fois la cigarette électronique, 1% s'en sert occasionnellement et 1% l'utilise régulièrement.
Les pays avec les plus fortes proportions d'utilisateurs réguliers ou occasionnels sont le Danemark, la Grèce, la Roumanie et la Pologne. Le secteur évolue rapidement. Pour le tabacologue français Bertrand Dautzenberg, "plus de 23 millions d'Européens l'ont essayée en 2012" mais "ce chiffre a probablement doublé en 2013".
Aucune législation européenne spécifique n'encadre cet appareil électrique sans tabac ni combustion, réglementé comme un produit de consommation par différentes directives de l'UE concernant sécurité, emballage, étiquetage, etc.
Aucun pays européen ne classe les e-cigarettes comme tabac mais quelques pays interdisent de l'utiliser là où il est interdit de fumer: Belgique, Luxembourg, Malte, Slovénie. La Lituanie l'interdit en tant que produit imitant le tabac. Certains Etats en interdisent la vente aux mineurs (Italie, France).
USA
La consommation de cigarettes électroniques explose aux Etats-Unis. Même si sa part est loin de mettre en péril l'industrie du tabac, son chiffre d'affaires a doublé sur un an et selon le groupe financier Wells Fargo, il se situerait entre 1 et 1,7 milliard de dollars fin 2013 (contre 80 milliards pour le tabac traditionnel).
Les ventes de e-cigarettes ont été multipliées par neuf entre 2010 et 2012 tandis que le nombre de ceux les ayant utilisées au moins une fois a quadruplé entre 2009 et 2010, selon des rapports scientifiques.
D'après une récente étude des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), son utilisation a doublé chez les collégiens et lycéens entre 2011 et 2012 avec 1,78 million de jeunes l'ayant utilisée en 2012.
La règlementation varie d'un Etat à l'autre, mais souvent la vente aux mineurs est interdite. Partout dans le pays, elle est bannie des avions et des trains.
Amérique Latine
Cet appareil n'est guère populaire dans la région et sa vente est interdite dans plusieurs pays: Argentine, Brésil, Colombie, Mexique, Panama, Uruguay et Venezuela.
Asie
Interdite en Australie, Singapour et Thaïlande, elle suscite peu d'intérêt dans les autres pays de la région où généralement le tabac reste bon marché, en particulier en Chine, pays où l'appareil a été inventé.
Russie
La cigarette électronique n'est pas vraiment de mode dans un pays où un tiers de la population fume (44 millions) mais on peut la trouver sur internet et dans certains commerces.
Moscou a adopté cette année une loi interdisant le tabac et aussi la cigarette électronique dans les lieux publics. Le chef des services sanitaires russes, Guennadi Onichtchenko, s'est prononcé en faveur d'une interdiction pure et simple et les associations anti-tabac veulent en réglementer le commerce.
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’ai essayé les patchs de nicotine mais la diffusion lente de la
drogue dans l’organisme ne m’a pas plu. L’effet d’une brusque injection
me manquait, le geste, la sensation de fumer me manquait. Je me suis mis
alors à réfléchir à un moyen de créer une vapeur contenant de la
nicotine qui soit proche de la fumée de la cigarette mais qui ne soit
pas aussi nocive pour l’organisme.
En 2001, j’ai élaboré un système sur une grosse console en utilisant
comme solvant des additifs alimentaires. À l’époque, je travaillais sur
une vaporisation par ultrason mais les gouttelettes formées étaient trop
grosses pour ressembler à de la fumée de tabac. C'est une technologie
que l'on utilise par exemple dans certains humidificateurs domestiques
et qui consiste à faire vibrer un diaphragme métallique à une fréquence
ultrasonore dans un liquide pour créer des micro-gouttelettes qui
forment alors, au contact de l'air ambiant, une sorte de vapeur froide.
10 ans plus tard, votre invention rencontre un succès très important en Occident, notamment en France et aux USA. Pourquoi un si long délai selon vous ?
C’est pour moi quelque chose d’étonnant que je n’avais pas du tout anticipé. J’étais persuadé que mon invention serait bien accueillie et qu’en deux à trois ans, nous aurions pu monter des circuits de fabrication et de distribution adaptés, j’étais naïf…
Les industriels du tabac m’ont vu comme une concurrence à contrer, les autorités sanitaires se sont montrées très suspicieuses et les groupes pharmaceutiques n’étaient pas intéressés. Tout est très différent aujourd’hui.
Cependant des études récentes montrent que la fumée obtenue contient des produits nocifs comme des métaux lourds, du formaldéhyde… Que répondez-vous à cela ?
Aujourd’hui, la majorité des fabricants ne sont pas des professionnels de la santé ni des grands groupes internationaux capables de respecter des normes de qualité strictes. Ce sont de petites structures qui fabriquaient auparavant des gadgets en tous genres et qui se sont placées sur une niche porteuse. C’est pour cela que les résultats des tests ne sont pas bons car, en principe, tout est contrôlable dans mon invention, les composants, les additifs utilisés, la température de vaporisation…
Moi, j’espère vraiment que les grands groupes pharmaceutiques mondiaux vont se lancer dans la fabrication de cigarettes électroniques et que les autorités comme la FDA aux États-Unis vont continuer à imposer des normes de plus en plus serrées pour que le produit soit le plus sain possible.
Propos recueillis par Nicolas Sridi pour Sciences et Avenir.
10 ans plus tard, votre invention rencontre un succès très important en Occident, notamment en France et aux USA. Pourquoi un si long délai selon vous ?
C’est pour moi quelque chose d’étonnant que je n’avais pas du tout anticipé. J’étais persuadé que mon invention serait bien accueillie et qu’en deux à trois ans, nous aurions pu monter des circuits de fabrication et de distribution adaptés, j’étais naïf…
Les industriels du tabac m’ont vu comme une concurrence à contrer, les autorités sanitaires se sont montrées très suspicieuses et les groupes pharmaceutiques n’étaient pas intéressés. Tout est très différent aujourd’hui.
Cependant des études récentes montrent que la fumée obtenue contient des produits nocifs comme des métaux lourds, du formaldéhyde… Que répondez-vous à cela ?
Aujourd’hui, la majorité des fabricants ne sont pas des professionnels de la santé ni des grands groupes internationaux capables de respecter des normes de qualité strictes. Ce sont de petites structures qui fabriquaient auparavant des gadgets en tous genres et qui se sont placées sur une niche porteuse. C’est pour cela que les résultats des tests ne sont pas bons car, en principe, tout est contrôlable dans mon invention, les composants, les additifs utilisés, la température de vaporisation…
Moi, j’espère vraiment que les grands groupes pharmaceutiques mondiaux vont se lancer dans la fabrication de cigarettes électroniques et que les autorités comme la FDA aux États-Unis vont continuer à imposer des normes de plus en plus serrées pour que le produit soit le plus sain possible.
Propos recueillis par Nicolas Sridi pour Sciences et Avenir.